17 mars 2007
De la nécessité de se battre...
La nécessité est ailleurs...!
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Pour l'intersyndicale l'urgence est de stabiliser, restructurer et moderniser le dispositif en s'ouvrant vers une conception ambitieuse et pertinente de notre dispositif , dans la droite ligne de nos valeurs. Celles que nous ont transmises nos pairs .... Cette dynamique a participé à la fidélisation des personnels et la création d'une forte identité professionnelle que nous souhaitons, à notre tour, transmettre aux nouveaux professionnels. Les patients doivent rester les bénéficiaires permanents de cet engagement, de notre spécificité qui conjugue la prise en charge des troubles psychiques et somatiques.
Aujourd'hui plus que jamais, la volonté, les motivations et notre attachement à la psychiatrie nous animent. Cela explique la forte mobilisation de l'ensemble des salariés du Centre Hospitalier psychiatrique Ste Marie.
Cependant les conditions de travail se sont condidérablement dégradées. Confrontés à l'urgence quasi permanente, les personnels ne peuvent plus travailler sereinement, le manque d'organisation impacte de façon négative l'efficience de leurs actions. La diminution considérable de l'effectif permet de moins en moins au soignant d'effectuer correctement son métier...et de retirer la nécessaire satisfaction professionnelle, indispensable au processus de motivation. Pour prendre soins de l'autre il faut y accorder du temps. Or le temps manque car les personnels sont insuffisants et la charge de travail contraint les soignants à n'effectuer que le plus urgent. Faire mieux et plus vite nous semblent incompatibles car notre postulat est qu'il faut du temps pour traiter et soulager la souffrance psychique. Alors si on retire le temps au soin que reste t'il du soin?
La reconnaissance professionnelle est un autre facteur de motivation. En effet le salaire contribue à la reconnaissance du travail, des responsabilités assumées, de la technicité et de la performance. Le salaire symbolise et témoigne du respect et de la considération qui sont les grands absents du management impulsé par les Directions. L'absence de revalorisation significative des salaires apparaît alors comme injuste et méprisante.
Pour ces raisons nous réclamons une augmentation de nos salaires, elle nous est due! Ce constat est sans appel. Il est le moteur de notre mouvement et il nous apportera la force nécessaire au combat que nous menons, même si nous savons que la route peut être longue. Nous ne céderons pas aux pressions, aux intimidations et aux manipulations. Nous refusons de cautionner la destruction de notre dispositif de soins.
Commentaires
Que dire de plus ?
On ne peut qu'adhérer à votre juste et bon combat.
Peut-être citer encore le texte extrait de :
http://www.psychiatrie-desalieniste.com/
Non à la destruction de la psychiatrie publique et de secteur.
La révolution de la psychiatrie française qui a amené l’élaboration de la psychiatrie de Secteur et la dimension de la Psychothérapie Institutionnelle, s’est faite pendant la guerre à partir de la dimension psychodynamique duSujet. Ses fondamentaux sont la psychanalyse et le Marxisme. Son objectif fut de mettre fin à l’enfermement des malades mentaux, ainsi qu’à leur relégation en dehors de la société. Il s’agissait de rétablir du lien social, redonner leur statut de citoyen aux « fous ».
Elle se propose d’articuler étroitement soins de prévention, de cure et de post-cure des maladies mentales, de créer les conditions d’un droit de cité aux développements de ses pratiques et à ceux qui en font usage, en recentrant fermement ses activités sur l’accompagnement et le traitement de la souffrance singulière (dimension psychodynamique) du sujet et non sur son "contrôle social".
* Alors qu’elle commence à peine à se mettre en oeuvre, elle est attaquée dès le milieu des années 80, par la politique de santé des différents gouvernements qui se sont succédés, notamment par :
o La recherche et la valorisation d’un " modèle " thérapeutique soi-disant " scientifique " et " objectivable " niant la dimension relationnelle du soin psychique et l’apport de la psychanalyse, en généralisant des protocoles et des procédures au risque d’interdire la prise en compte de chaque situation traitée.
* En outre, la formation des professionnels est progressivement utilisée pour en finir avec l’originalité de l’expérience française en Psychiatrie :
o Ainsi, pour les psychiatres, la mise en place du numerus clausus dans les années 80 aboutit à l’organisation d’une hémorragie programmée et planifiée de leur effectif pour les années à venir, un grand nombre devant partir à la retraite sans qu’aucune relève ne soit assurée.
o Pour les infirmiers, le diplôme d’Infirmier de Secteur Psychiatrique a été supprimé en 1992 au profit d’un Diplôme d’Etat d’infirmier. Ainsi, ce diplôme inculque de façon univoque une culture biomédicale aux infirmiers (signe/traitement/guérison) en étant centré sur le faire et les protocoles du soin physiques. Alors que nous réclamions l’instauration d’un D.E.-I.S.P (Diplôme d’Etat d’Infirmier de Secteur Psychiatrique spécifique).
o De même pour les psychologues ou le champ de leur formation tend à abandonner les référence à la psychopathologie.
o Tout tend aujourd’hui à l’individualisation « évaluable » des pratiques au détriment du travail d’équipe et de ses élaborations créatives, alimentant et accentuant des situations et des vécus d’insécurité.
* Aujourd’hui nous arrivons à un point d’orgue des restructurations en cours avec le projet " Hôpital 2007 Nouvelle Gouvernance" qui vise à imposer à tous les hôpitaux publics les modes de gestion du libéralisme économique. Or chacun sait que le premier principe du libéralisme économique c’est de générer du profit. Il s’agit donc de développer les soins qui seraient rentables et d’abandonner les autres.
* Tout ceci, n’est en fait que la traduction sur le plan de la Psychiatrie de la politique ultra-libérale qui est à l’œuvre actuellement. Politique qui tend, comme dans les autres domaines de la société, à se mettre peu à peu en place en portant des atteintes sévères et systématiques à tous les acquis sociaux et solidaires : Sécurité sociale, Retraite, Education, Droit et code du travail...
* Politique qui a subi un premier choc le 29 mai 2005.
* Parce que la psychiatrie est un enjeu de société pour tous les citoyens. Comme disait Lucien Bonnafé :
" Une société se juge à la manière dont elle traite ses fous ! "
* Parce que cela n’a rien de fatal, nous appelons tous les professionnels et tous les citoyens à se rassembler pour exiger le développement d’une psychiatrie fondée sur :
o La défense et le plein développement de l’approche psychodynamique de la souffrance du sujet et non de son approche rétrécie à ses seuls symptômes.
o La défense et le plein développement de la créativité dans chaque projet de soins singulier, et non de sa stérilisation dans des procédures standardisées et anonymes
o La défense des libertés individuelles des usagers et des professionnels.
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